Infrastructure informatique : CAPEX, OPEX, BFR ?

J'étais hier au téléphone avec une startup membre du programme Sun Startup Essentials.

L'équipe est typique pour une startup: un directeur technique qui s'occupe de l'infrastructure informatique et logiciel et un directeur commercial qui planche sur le business model et sur la stratégie. Pas de directeur des affaires financières.

Pour ce qui est du produit, il s'agit d'un service en ligne. On est dans le domaine du SaaS. L'infrastructure informatique est le principal sujet de notre discussion et, comme les utilisateurs peuvent stocker des volumes importants de données, je pose la question du coût du gigaoctet. S'en suit une discussion de techniciens. Pendant 20 minutes nous envisageons différents scénarios pour limiter ce coût. L'infra étant hébergée, il faut limiter le nombre de serveurs en évitant de multiplier les serveurs de trop faible puissance : ne pas oublier que le prix de l'hébergement d'un serveur dans un data center a tripplé dans les deux dernières années. Au passage,  ce coût sur 3 ans est équivalent au prix d'acquisition du serveur.

Fondamentalement, pour des entreprises du Web2.0, la maîtrise du coût de l'infra informatique est un des principaux challenges. Pourquoi ? Parce que bien souvent leur offre contient de la capacité de calcul ou de stockage, et que le coût de cette capacité va croître quasi linéairement avec le nombre de clients, donc avec le chiffre d'affaire. Il aura donc un effet direct sur la marge et sur les bénéfices de l'entreprise.

L'avènement de l'hébergement - bientôt du cloud computing - a permis de transformer du CAPEX en OPEX et pour les startups en phase d'amorçage de pouvoir démarrer un projet sans mobiliser beaucoup de capital.

Mais une autre question mérite d'être posée : celle du BFR et de sa variation. Si l'entreprise finance son infra via des OPEX et qu'elle facture ce coût à ses clients après avoir payé son hébergeur, elle va voir son BFR augmenter ce qui aura un impact négatif sur sa trésorerie, et c'est souvent la tréso qui fait trébucher les startups. Si en revanche l'entreprise peut facturer le coût à ses clients avant de payé l'hébergeur c'est alors un cercle virtueux qui s'enclanche avec une trésorerie qui s'accroit avec le chiffre d'affaire. Typiquement le type de discussion à avoir avec un bon DAF.

Comments:

Salut Thierry, c'est sympa de te voir bloguer sur ce thème. Le financement stratégique est effectivemment à ne pas négliger par les startups pour passer sans souci le cap de la forte croissance des premiers succès, qui se traduit par un soudain accroissement du BFR. Au delà, toute activité cyclique --par ex, vente en ligne, avec stockage massif pour Noël-- a un impact sur le BFR mais un bon DAF saura gérer ces besoins de financement de court-terme.

Posted by Frederic Pariente on January 11, 2010 at 05:23 AM GMT #

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