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Dans quelle mesure l’IA peut-elle aider les employés à gérer stress et troubles psychiques ?

 

IA

Par Emily He, Senior Vice President Product Marketing HCM Oracle 

Les termes "IA" (AI) ou "bot" sont souvent associés à des pensées à l'opposé de ce qui constitue notre condition d’être humain : ces technologies sont ainsi perçues comme glaciales et impersonnelles. Mais plus souvent qu'on ne pourrait le penser, une intelligence artificielle utilisée à bon escient peut aider les employés à se livrer concernant certaines de leurs préoccupations les plus personnelles, selon l'étude Oracle AI@Work 2020 qui vient de paraître et dont l’accroche s’avère explicite : « Alors que l'incertitude demeure, l'anxiété et le stress atteignent un point de basculement au travail. »

Un résultat frappant est que 68% des personnes interrogées ont déclaré qu'elles préféreraient parler à un robot plutôt qu'à leur manager du stress lié au travail !

Une majorité encore plus importante - 80 % des 12 347 personnes interrogées dans le monde (dont plus de 1000 en France) - a déclaré être pour sa part "ouverte" à l'utilisation d'un robot à des fins thérapeutiques ou de conseil pour gérer leur anxiété. Sur ce point précis de l'enquête, précisons que le vocable « robot » est défini comme toute forme de thérapie fournie grâce à l’IA ou de conseil prodigué par un chatbot.

C'est une déclaration assez éloquente puisque la pandémie de COVID-19 a fait monter le stress dans tous les segments de la population au cours des sept derniers mois. 70 % des participants à l'enquête ont déclaré ressentir plus d'anxiété au travail cette année que l'année dernière, avec pour corollaire, un besoin en solutions et en conseils qui se fait ressentir.

L'une des raisons pour lesquelles les robots peuvent être acceptés en tant que confidents est qu'ils offrent une approche "sans jugement" aux employés qui cherchent des informations sur les Programmes d'Aide aux Employés (PAE) ou sur toute autre prestation ou allocation, alors qu'un manageur humain pourrait réagir (ou sembler réagir) négativement à un employé qui réclamerait de l'aide. Cette absence de jugement est importante pour les nombreux individus qui pensent que signaler un problème de santé mentale renverrait une mauvaise image d’eux ou indiquerait une incapacité à faire leur travail.

Certains voient des progrès dans la réduction de la stigmatisation liée à la maladie mentale, comme en témoigne la volonté accrue des personnalités publiques - des artistes et des athlètes comme Lady Gaga, Dak Prescott, Bruce Springsteen, et des personnalités du monde des affaires comme le capital-risqueur Brad Feld - de faire état de leur propre dépression ou d'autres problèmes de santé mentale dans la sphère publique.

Cependant, divulguer de telles informations demeure toujours risqué. Dans le cas de Prescott, par exemple, un journaliste sportif a critiqué sa déclaration, le quarterback des Dallas Cowboy démontrant à ses yeux une faiblesse inconvenante de la part d’un "leader". Ce qui est différent dans cet exemple, c'est que les propres commentaires du journaliste sportif ont ensuite été largement repris par d'autres athlètes, des entraîneurs, et même par son employeur.

Compte tenu de tout ce tumulte, on comprend aisément pourquoi quelqu'un pourrait hésiter à faire part de ses difficultés à son manageur. Cette hésitation montre les limites des relations humaines et met en évidence les cas où un robot peut aider des personnes ayant des problèmes d’humain, même si cela signifie simplement les orienter vers les meilleures options pour se soigner.

Notre enquête l’a confirmé. Seuls 18 % des personnes interrogées ont déclaré préférer les humains aux robots lorsqu'il s'agit de prendre soin de leur santé mentale. Un peu plus d'un tiers (34 %) ont déclaré qu'ils considéraient les robots comme une "approche sans jugement", comme mentionné ci-dessus ; 30 % d'entre eux ont répondu qu’ils considéraient les robots comme un moyen de partager ses problèmes sans préjugés, 29 % enfin, ayant déclaré que les robots étaient capables de fournir des réponses rapides aux questions de santé.

Si le nombre de personnes souhaitant interagir avec les robots par rapport aux êtres humains peut faire sourciller, il y a une tendance ici. L'enquête Oracle AI@Work de l'année dernière, par exemple, avait révélé que 64 % des personnes interrogées disaient faire plus confiance aux robots qu'à leurs supérieurs, et que plus de 50 % s’étaient tournées vers les robots plutôt que vers leurs supérieurs pour obtenir des conseils. L'année précédente, une grande majorité - 93% des personnes interrogées – s’étaient déclarées prêtes à suivre les conseils d'un robot. Les résultats de cette année, cependant, révèlent les limites des relations humaines, c'est-à-dire notre jugement profondément ancré à l’égard de la santé mentale ou psychique, et la stigmatisation qui en résulte, en particulier sur le lieu de travail.

Le stress lié au travail n'a rien de nouveau, en soi. Ce qui est différent cette année, c'est que la pandémie a ajouté une autre couche d'anxiété. Et, si de nombreuses personnes aiment pouvoir travailler à domicile, 41 % d'entre elles déclarent que le travail à distance efface les frontières entre vie professionnelle et vie privée - ce qui n'est pas une situation optimale. En outre, 35 % des personnes interrogées ont déclaré travailler 40 heures de plus par mois qu'avant l'épidémie de COVID-19 !

Le point positif est que la pandémie a contribué à attirer l'attention sur la santé mentale des employés et a incité les organisations à commencer à agir. Ce qui ressort clairement des résultats de cette année, c'est que les gens veulent que leurs employeurs fassent davantage pour les aider à faire face à ce stress accru. Plus des trois quarts (76 %) des personnes interrogées ont déclaré que leur entreprise devrait faire plus pour protéger la santé mentale de la main-d'œuvre, tandis qu'un peu plus de la moitié (51 %) ont déclaré que leur entreprise avait, en fait, ajouté davantage de services pour prendre en considération les problèmes de santé mentale.

Social cardLes entreprises devraient examiner ces données avec la plus grande attention, car un employé stressé ou déprimé n'est par définition pas un individu heureux ou productif. Et ces chiffres globaux signifient que la productivité dans son ensemble sera finalement affectée… si ce n'est pas déjà fait ! Étant donné le nombre de personnes qui déclarent avoir connu une augmentation de leur stress cette année, les employeurs seraient bien avisés d'investir dans des services - y compris des outils basés sur l'IA - qui répondent à ces préoccupations et aident à transformer le négatif en positif.

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