DADVSI - La France vire au totalitarisme?


Après examen par le conseil constitutionnel, la loi DADVSI ressort encore plus durcie. Dorénavant, et de façon encore plus dure qu'initialement prévue, il sera maintenant encore plus difficile, en France, d'accéder à la culture de façon libre et indépendante de constructeurs de matériels ou éditeurs de logiciels multimédias.


Dans un grand pas en arrière, le conseil constitutionnel vient de montrer sa méconnaissance totale de la technologie du 21eme siècle ainsi que sa déconnexion complète avec les réalités des internautes.


En effet, alors que les propositions initiales de la loi DADVSI prévoyaient qu'une personne souhaitant accéder à un media légitimement acquis, mais sur une plate-forme de son choix (par exemple sur une plate-forme moins chère, ou moins sensible aux virus, ou bien avec un lecteur proposé en logiciel libre) était exonéré de poursuites, maintenant, il n'y aura plus ces provisions dans la loi. Ainsi, si je paye légitimement un media, et que je souhaite le lire sur un lecteur que j'ai crée moi même, et que pour ce faire, je suis obligé de contourner les mesures techniques de protection (qui, du coup, deviennent des mesures techniques protectionnistes) mises en place par l'éditeur afin de me contraindre à utiliser uniquement leur lecteur de media, je pourrais être poursuivi. Je n'ai plus accès à la culture de mon pays de façon libre. Je suis contraint de devoir le faire par des équipements (matériels ou logiciels) commerciaux proposes par des éditeurs qui ne sont même pas français. Elle est belle cette culture française qui passe nécessairement par l'achat et l'utilisation de produits américains pour y accéder. Quel cruelle désillusion que nous assène le gouvernement français.


Ensuite, alors que dans les propositions initiales, les auteurs de logiciels d'échanges P2P à but de travail collaboratifs étaient protégés contre des poursuites, le conseil a décidé que la notion de travail collaboratif étant trop floue, il n'était pas possible de distinguer cela. Du coup, les auteurs de logiciels P2P vont se délocaliser hors de France. La France va perdre une partie de son vivier de compétences en développement de logiciels de haute qualité. Non seulement le problème ne sera pas résolu, mais pire encore, on perdra des developpeurs qui iront s'installer dans des pays ou la législation n'est pas faite par des gens n'en ayant pas les compétences, et qui, du coup, ne travaillent que en répondant aux pressions des lobbies commerciaux.


Franchement, là, on atteint le summum. La France, qui partait pour avoir une législation progressiste, s'enfonce dans un totalitarisme tellement déconnecté des réalités qu'on se croirait revenu des décennies en arrière. Il se pose sérieusement la question de quelle attitude les internautes peuvent maintenant adopter pour faire entendre raison à un gouvernement qui a, de toute évidence, perdu le sens des réalités du monde qu'il est censé gérer. Désobéissance civile? Expatriation? Favoriser des outils non développés en France? Manifestations?


Peut-être n'est il pas encore trop tard. Mais la situation est clairement dramatique pour la culture, et pour les internautes qui souhaitent y accéder dans des conditions que notre époque moderne devrait permettre. Espérons que la folie qui a pris le conseil constitutionnel saura être renversée et que l'on reviendra a une situation plus saine. Dans un avenir proche. C'est la culture et les citoyens qui, sinon, vont payer le prix de l'incompétence.

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