X

Gestion de la construction : Actualités, Ressources et Meilleures pratiques

  • March 6, 2018

Six étapes pour assurer la réussite d’un mégaprojet

Guest Author

Passez outre le taux d'échec de 66%.

Nous entendons parler de mégaprojets – qu’il s’agisse d’aéroports, de centrales électriques ou d’autoroutes – tous les jours.

Selon le Oxford Handbook of Megaproject Management, “les mégaprojets sont des programmes complexes et de grande envergure qui coûtent 1 milliard de dollars minimum, dont la conception et la construction représentent plusieurs années, qui impliquent de multiples intervenants publics et privés, apportent une véritable transformation, et ont un impact sur des millions de personnes.” [1]

Ces projets d’envergure constituent la pierre angulaire de notre infrastructure, mais malheureusement leur taux d’échec est très élevé.

De nombreux maîtres d’ouvrage tentent d’appliquer des outils et processus traditionnels aux mégaprojets avec peu de succès. De nouvelles relations contractuelles et de nouveaux modèles doivent être développés – et de nouvelles structures d’équipe doivent être mises en place – pour répondre à l’envergure, la complexité et les risques associés aux mégaprojets.

Les experts en mégaprojet partagent leurs connaissances

Nous avons échangé avec plusieurs experts du secteur et identifié en quoi les mégaprojets sont uniques et comment éviter les pièges communs qu’ils présentent. Bob Prieto, cadre dirigeant chez Fluor, et Parsons Brinckerhoff, auteur de l’ouvrage “The Giga Factor : PM in the Engineering & Construction Industry”, ainsi que Hans Hoppe, Directeur en charge du contrôle des programmes chez Parsons, partagent ce constat :

Les mégaprojets ont des exigences de projet complètement uniques.

Bob Prieto a déclaré : « Il ne s'agit pas de perfectionner un modèle imparfait, mais d'en créer un nouveau. »

Il donne pour exemple de mégaprojet, le nouvel aéroport de Mexico City qui, d'ici 2030, s’étendra sur une surface de 743 000 mètres carrés et desservira 68 millions de passagers. 82 organisations travaillent sur ce projet gigantesque et extrêmement complexe qui comprend de nombreux systèmes et doit satisfaire des exigences réglementaires en matière de sécurité.

Le maître d’ouvrage et la préparation du projet sont essentiels

Hans Hoppe a partagé : "La manière dont ces projets démarrent influence la façon dont ils se terminent."

Les projets peuvent rapidement partir du mauvais pied – et parfois ne jamais s’établir correctement – si la portée globale n’est pas définie et si une équipe projet adaptée n’est pas en place dès le début.

Manque de préparation

Beaucoup de projets commencent prématurément avant même que leur portée ne soit correctement définie, la conception bien établie et les principaux membres de l’équipe engagés. Selon Bob Prieto, actuellement les deux tiers des mégaprojets échouent à cause de retards ou de dépassements de budget. [2]

Démarrer un projet plus tôt semble de bon augure pour gagner du temps, mais en réalité un démarrage prématuré peut entrainer des problèmes de communication, des erreurs et une équipe projet divisée et peu coopérative.

Un leadership non collaboratif

Il appartient à l’équipe dirigeante de montrer l’exemple aux équipes projet. Les projets rencontreront des difficultés si les dirigeants du projet n’arrivent pas à installer une structure collaborative – un ingrédient-clé pour la réussite du mégaprojet. Hans Hoppe déclare : "L’équipe dirigeante doit s’efforcer de livrer un projet intégré réussi."

Des termes contractuels et un langage clair

La clarté dans les structures contractuelles et la terminologie est essentielle au succès d’un projet pour toutes les parties concernées. "Il existe suffisamment de défis sur les mégaprojets sans introduire de relations conflictuelles," avertit Hans Hoppe.

Les 6 étapes pour assurer la réussite d’un mégaprojet

Sean McQue, ancien étudiant de la Harvard Business School et directeur de projet chez ALEC, décrit le succès d’un mégaprojet en 6 étapes :

1. Leadership

Les projets traditionnels d’ingénierie et de construction sont généralement dirigés par une organisation voire un seul individu. Les mégaprojets sont exécutés par des joint-ventures, consortiums et autres modèles d’exécution, compte tenu de leur envergure et de leur complexité.

Sean McQue déclare : “Les dirigeants doivent motiver leur personnel à les suivre ; vous pouvez manipuler ou inspirer. Pour réussir, vous devez inspirer.” Les leaders de mégaprojets réussis comptent sur les attributs suivants : ouverture, collaboration, innovation, flexibilité, tournés vers l’avenir.

2. Environnement du projet

L’équipe dirigeante sélectionne les organisations qui vont participer au mégaprojet, le type de contrat et sa langue, l’implémentation, ainsi que les systèmes utilisés pour la gestion des données, de la communication et des processus. Pour réussir sa mission, une équipe projet se doit d’être : coopérative, non-conflictuelle, interactive, expérimentée, efficace et motivée.

3. Plan du projet

Selon Sean McQue, le plan du projet doit être “réalisable, mesurable, et adaptable”, car le plan a un gros impact sur l’environnement de l’équipe et l’exécution du projet. Une équipe dirigeante collaborative établit la situation de départ et convient des objectifs, des critères de réussite et de la répartition des responsabilités sur le projet. Pour qu’un mégaprojet réussisse, le plan doit être approuvé par toutes les parties prenantes.

4. Les acteurs

Rien n’est possible sans une équipe compétente capable de développer et de mettre en œuvre l’environnement et le plan du projet. Les intervenants performants ont l’esprit de collaboration, ils savent mesurer l’avancée par rapport aux échéances fixées et ils ont la motivation et les compétences pour atteindre les objectifs du projet. “Si vous avez la bonne équipe, le reste se mettra en place,” précise Sean McQue. Des équipes compétentes instillent : traçabilité, collaboration, intégrité, savoir-faire et détermination.

5. Gestion de l’information

Implémenter les directives en matière de gestion de l’information est essentielle compte tenu de l’envergure, du rythme et des nombreuses composantes des mégaprojets. Une mauvaise gestion de l’information peut avoir un impact négatif sur le budget et le planning entrainant erreurs, reprises et litiges.

“Si les grandes quantités d’informations projet ne sont pas gérées correctement, les acteurs peuvent se retrouver submergés et privés des informations-clés,” explique Sean McQue. L’information au sein des mégaprojets doit être : précise, accessible par les bonnes personnes au bon moment, complète et cohérente – plus encore que sur les projets traditionnels.

6. Livraison

L’objectif final est évidemment d’assurer la réussite du projet. Sean McQue déclare : “la clé du succès d’un projet est que tous les membres de l’équipe adoptent un état d’esprit ‘le projet avant tout’. Un projet ne peut réussir que si toutes les parties réussissent. Si tous les acteurs réussissent, alors le projet réussira.”

Visionnez les webinars Aconex à la demande « Mégaprojets, et non méga problèmes » (en anglais) et écoutez en direct Bob Prieto, Hans Hoppe et Sean McQue :

  • Session 1 avec les experts de Fluor et Parsons Brinckerhoff, Bob Prieto et Hans Hoppe
  • Session 2 avec Sean McQue, ancien étudiant de la Harvard Business School et Directeur des Opérations chez ALEC.

[1] Flyvbjerg, Bent (2017). The Oxford Handbook of Megaproject Management. Oxford University Press. p. 2. ISBN 978-0198732242.

[2] « Les mégaprojets souffrent d’un taux d’échec de 66%... » – IPA
64% des mégaprojets dans l’industrie pétrolière ont connu des dépassements de budget – Ernst & Young
73% des mégaprojets dans l’industrie pétrolière ont souffert de retards – PMI

Be the first to comment

Comments ( 0 )
Please enter your name.Please provide a valid email address.Please enter a comment.CAPTCHA challenge response provided was incorrect. Please try again.